Radiohead: mais pourquoi sont-ils si méchants ?

 

 
Une fois n’est pas coutume, nous parlons dans Emotions Electriques d’une sortie récente et en l’espèce du dernier skeud de Radiohead. Opus attendu et plutôt mal accueilli, The king of limbs, essuie des critiques incroyablement rudes depuis sa sortie: intéressant dans le cas d’un groupe aussi respecté.

Comme pour In rainbow mais avec moins de finesse, sa sortie fut appuyée par un buzz aussi soutenu (distribution web exclusive dans un premier temps, publication fractionnée avec 2 titres d’appoints dévoilés plusieurs semaines après la sortie ) qu’abscons (mention fut faite d’un mystérieux newspaper album…). Musicalement, que penser de ce disque ? Eh bien d’abord, constater que la tonalité générale, qui prolonge celle d‘In Rainbow d’une part, celle de The Eraser de Yorke d’autre part, ne change pas: instruments et voix très lourdement traités (batteries chargées d’echo, piano vaporeux), utilisés davantage pour leur texture et dans des schémas répétitifs (séquenceur) que dans une optique harmonique… Esprit drum n’ bass et electro évident. 3 titres sortent du lot: « Codex », son apport mélodique et son clavier onirique, « give up the ghost », répit acoustique toute en accords ouverts sublimé par ses couches vocales hantées qui s’empilent, puis « separator », voyage au centre de la terre lynchien, tendu et dantesque. Qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit de grands morceaux qui rivalisent sans aucun problème avec le meilleur d’in rainbow et the Eraser; apprécier sur cette vidéo la puissance émouvante du groupe:
 

Le reste du disque est correct mais très anecdotique, reprenant les recettes des disques pré-cités sans y apporter suffisamment de matière nouvelle pour créer l’intérêt. Un mot sur ces deux disques: intéressants, ils ne sont pourtant pas exempts de longueurs… mais avaient l’avantage de la primeur. The king of limbs pâtit de façon disproportionnée et injuste de cette ordonnancement. La comparaison est une réflexe normal et la déception compréhensible car le groupe crée des attentes, mais il est ridicule de s’acharner de la sorte sur le manque d’originalité (avéré par ailleurs) du disque, stigmatisant ce qui n’est de fait qu’une caractéristique, et ne préjuge pas automatiquement de son intérêt. Parralèlement, les coquins d’observateurs oublient trop souvent de signaler que ce dernier album vaut à peu de choses près In rainbow pour ce qui est de la qualité d’ensemble…

Il faut impérativement prendre de la hauteur. Radiohead reste une des derniers groupes d’envergure, capable de revirements risqués et admirablement transformés, à même de proposer une oeuvre dont les influences ne sont pas plaquées mais superbement agrégées puis dépassées, à l’originalité permanente. 99% des groupes récents n’atteindront jamais ce résultat dans ce que l’on appellera faute de mieux leurs sommets. Alors ménageons le groupe (quand bien même il semble devenir celui d’un seul homme) lorsqu’il se « contente » de rester dans un style et ne délivre « que » trois morceaux d’exception qui enterrent à eux seuls bien des discographies.
 

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