Vaille que VAI…

 Dans les années 80, nombreux sont les émules de Van Halen qui, ne comprenant rien à la leçon du maître, se ruèrent pour grossir les rangs d’une musique aberrante, consacrant la guitare pour la guitare, pleine de technique et vide de propos musical. Ce courant devint une espèce de mode et déteignit sur nombre de groupes. Aujourd’hui les tares de cette triste aventure sont clairement identifiées: mauvais goût dominant, prétentions symphoniques parfois risibles, approche incroyablement régressive et limitée, ces types ne méritaient aucune pitié. Il en va autrement de Steve Vai, qui le temps d’un album de bricolage guitaristique foutraque, sous haute influence Zappaienne, fut une exception quasi-unique au bilan précédement exposé.
 
Encore très proche de son mentor franck Zappa dont il venait de quitter le groupe, Vai enregistre Flex-Able dans le modeste studio qu’il s’est construit avec ses économies, dans des conditions très rudimentaires. Le résultat est totalement artisanal, rempli d’effet sonores intempestifs, de guitares au son peu flatteur comme Vai semblait les aimer à l’époque et de batteries complètement étouffées: cela sonne vraiment comme des démos et c’est le charme de ce disque sympathiquement bricolé et étonnamment fréquentable.
 
Musicalement cet album est jalonné d’ovnis musicaux dont ce ‘Salamander in the sun’, impeccable et ravissante miniature aux accents quasi symphoniques particulièrement mis en valeur par cette version orchestrale (très pompeuse par ailleurs).
 

Parmi les bons moments de ce disque, le doux « lovers are crazy », la montagne russe guitaristique « the attitude song », le vaporeux « call it sleep », la poppy « boy/girl song ». Ce disque est étrange, comme chez Zappa la guitare est très présente, sinueuse, généreuse et parfois assommante: mais elle n’est jamais clinquante. La patte du maître moustachu se ressent aussi au niveau des compositions, alambiquées et foisonnantes au niveau harmonique, mais elle est ici combinée à un esprit parfois pop, parfois hard assez bancal, et à des arrangements très cheap (les choeurs, cuivres, synthés, son d’ensemble). Tout cela est très anecdotique, mais pour tout dire ce disque est surprenant: rustique et très expérimental, parfois ravissant au niveau des compositions voire impressionnant de maîtrise, on se demande vraiment à qui s’adresse cette musique naïve, barrée et jamais raccoleuse. Ce disque-laboratoire total est une curiosité assez charmante.
 
Pour découvrir: http://www.deezer.com/fr/#music/result/all/flex-able

 

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Comments
2 Responses to “Vaille que VAI…”
  1. Hoyla dit :

    Excellent article, un premier album qui méritait d’être mis en avant ! Même si ton analyse des suiveurs de VH est un peu dure, mais y a du vrai…

    Bravo pour ce blog, continue comme ça !

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