Unplugged: Cobain à Vif

Unplugged est un album que les fans Hardcore n’aiment pas. La concession faite à MTV, les guitares sèches et le décors en carton-pâte derrière le groupe, on est assez loin de l’éthique Punk chère au groupe. Il faut pourtant dépassionner le débat pour se rendre compte de l’importance que revêt ce disque pour comprendre Cobain. Parti d’un métal mou, traversé d’éclairs mais encore balbutiant (Bleach), Nirvana a décroché la timbale avec l’équilibre pop de Nevermind et intrigué avec In utero, sombre et inégal. Le succès et l’emballement médiatique pour l’imagerie Grunge ont fait du trio le groupe d’un époque; passée la Hype, que reste-t-il ? Beaucoup d’images, finalement peu de son et deux constats:

1°Cobain avait un certain talent pour la chanson catchy.
2°Son oeuvre était plus complexe que l’on voulait bien le croire, partagée entre la violence désabusée et une facette plus introspective, lancinante et attachante que cet Unplugged illustre mieux que tout autre album.

Ici quasiment dépourvues d’électricité, les guitares ne bavent plus mais fouillent les tréfonds d’une âme, permettant d’entendre des originaux aux structures aérées et des choix de reprises personnels et splendides. Cobain en profite: sa voix s’ébroue, nuance et rayonne dans l’espace nouvellement libéré: l’atout numéro 1 de ce disque, et probablement du groupe avec les compositions, comme on le comprend à l’écoute de ce disque… A ce propos, on a beaucoup parlé du procédé musical phare de Cobain, piqué aux Pixies: des couplets apaisés et des refrains enervés (« rape me », « smells like teen spirits »). Eh bien tous les morceaux figurant ici fonctionnent sans cette astuce d’interprétation, habituellement largement assurée par les guitares: la qualité d’écriture avant tout… L’exercice au global est à peine barbant: un petit exploit pour un Unplugged (cf le Clapton). Plusieurs classiques sont là (« Come as you are », « Polly »…); mis à nu, c’est l’occasion de (re)constater les qualités d’écriture de cobain, alors que leur interprétation, parfois très proche des originaux (« dumb ») n’amène rien ou pas grand chose. L’intérêt véritable est certainement dans les reprises. On sait qu’en la matière Cobain avait des choix sûrs: ici l’on redécouvre une triplette de morceaux fabuleux des Meat Puppets (« Plateau », « lake of fire » et « Oh me » (voir ci-dessous), absolument transfigurées par les passage à l’acoustique) un morceau de Leadbelly (Where did you sleep last night ») et surtout le très beau « the man who sold the world » de Bowie.

Certains ont objecté et objecteront quant à la légitimité de la démarche: du Nirvana Soft, taillé pour plaire à MTV, donc à tout le monde: inacceptable par principe. Pour ceux-la, on ne peut rien. Mais qu’il soit permis d’apprécier ce Unplugged pour ce qu’il est: une parenthèse instructive, témoin d’un visage du groupe tout-à-fait intéressant: dépouillé et intime, mettant en valeur les indéniables qualités de songwriting de cobain et sa voix granuleuse dans un esprit rappelant Neil Young (autre grande influence). Alors que le style Noisy de Nirvana n’a jamais été aussi loin, Cobain nous livre son album le plus personnel !

http://www.deezer.com/fr/#music/result/all/unplugged%20nirvana

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